mercredi 13 février 2008
Autre joueur joue encore
La putain s'est encore fait avoir. Elle jure à chaque fois qu'on ne l'y reprendrait plus. Mais avec son coeur d'artichaut à la con, et vlan, elle s'est encore fourrée dans une histoire à la con.
Il la contacte, lui fait son numéro de beau parleur. Pourtant, la putain, elle a drôlement l'habitude. Elle les sent. Elle se dit à chaque fois, mon coco, t'es trop beau pour être honnête, toi.
En plus, que connaît-il, le pauvre type, de la putain ? De ses envies, de ses espoirs ? Le type, il s'en fout, il a juste envie de la serrer un peu, contre lui, de la posséder. Oui, ils aiment bien ça, la sentir un peu à eux la putain. Elle leur fait cet effet-là. Alors parfois, elle a du mal à gérer.
Il se croyait plus malin. Mais au fond, même techniques. Ils ont tous les mêmes techniques. Il l'a un peu écouté, charmé, enrobé de ses phrases : avec moi ça ne sera pas comme avec les autres. Bah voyons ! Sérieusement, il croit berner qui ? Comment ça peut être vraiment différent. Elle savait pourtant, sûr qu'au fond d'elle, elle savait. Alors pourquoi elle est encore tombée ?
dimanche 10 février 2008
King size
- Allo, Meg ?
- Salut la belle, comment ça va ? alors, ce week-end ?
- Mouais, disons…. Etonnant .
- C'est-à-dire ?
- Ecoute, pas comme ça au téléphone. On déjeune ensemble ?
- Ok. Tu la joues suspense on dirait, j'ai hâte !
- A voir. Tu aimes les surprises je crois …
- Que les bonnes.
- Midi à La Marmite ?
- Je veux.
Soudain Carla hésite, elle n'est plus très sûre, elle, de vouloir.
- Attends !
- Quoi ?
- Euh, finalement non, pas aujourd'hui. Je sais pas. Faut que je réfléchisse.
- Comment ça que tu réfléchisses ? C'est bien toi qui m'appelle là … qu'est ce qui s'est passé ?
- Justement, rien. Enfin si, mais pas ce que tu crois.
- Ce que je crois ? Mais je crois rien. Seulement que tout à coup, t'as pas l'air dans ton assiette. Il t'a emmenée en week-end ou pas ?
- Oui. Un super relais. Site magnifique, dîner aux chandelles, service parfait, salle de bain grandiose, balcon avec vue.
- Et … ?
- Lit King size.
- Et …
- Et bien trop grand pour deux.
- … C'est-à-dire ?
- Il te plait, Pat ?
jeudi 7 février 2008
Boule de cristal, patte de lapin et tarot de Marseilles
Elle est là, la pauvre Carla, devant la vieille bonne femme. Elle fait un peu peur celle-là. Elle porte plein de bijoux bling bling, des mains longues, presque crochues. Quand elles se sont serrées la main tout à l'heure, elles étaient froides, très froides.
La vieille lui demande de tirer 3 cartes, elle l'engueule presque parce qu'elle allait les choisir de la mauvaise main. Carla en choisit une, puis une deuxième, puis la dernière. Verdict : Les amoureux, le chariot et la lune.
La vieille est sceptique. Carla se demande si elle va pas lui demander de recommencer. Mais non. Elle lui explique que les amoureux, c'est une carte des choix. Elle voit bien Carla, tiens, dessus y a une nana, celle qu'est déjà là, mais qui ne semble pas satisfaire le bonhomme. Et puis, y a cupidon là-haut qui en montre une autre. Mais celle-là, elle risque de lui apporter des emmerdes.
Puis après, le chariot. Alors là, la vieille la regarde bizarre, ça semble pas trop coller. C'est le symbole du parcours réussit, des triomphes personnels. La vieille hésite franchement.
Pour finir, la lune. La vieille semble bien l'aimer celle-là. On ne l'arrête pas sur cette carte. Elle lui balance tout un tas de trucs. De ce que comprend Carla, c'est que c'est pas une super carte, m'enfin ça dépend (oui, mais ça dépend, ça dépasse), romantisme, période propice au rêves, mais c'est aussi celle de la jalousie, de la déception...
La vieille tente de faire une synthèse que Carla n'écoute que d'une oreille. Carla va devoir faire un choix entre la stabilité qu'elle a réussi à construire mais qui ne lui apporte pas forcément la pleinitude, et une autre voie, plus hasardeuse, une voie rêvée jusque-là... Mais ça, elle le savait déjà Carla. Franchement, elle n'avait pas besoin d'une bonne femme toute froide pour savoir ça. Même sa voisine de palier, celle qui écoute aux portes, aurait pu lui dire.
Carla se demandait ce qu'elle était venue faire là, à part lâcher connement 50 euros. Elle aurait pu s'acheter ce Tshirt chez Maje. Pfff. Et puis d'ailleurs qu'est-ce qu'on vient foutre chez une voyante ?
mardi 5 février 2008
Si tu es blonde à forte poitrine
"Mariée, deux enfants. Je mesure 1M78, je ne suis pas trop grosse. J'ai de beaux yeux. Je suis caline et sensuelle. J'adore préparer de bons petits plats. Après tout ça, vous vous direz, c'est la femme parfaite ? Non, j'ai des défauts ! Mais chuttt ! Si tu as entre 35 et 45 ans, que tu es doux et charmeur, on peut se retrouver pour faire connaissance."
" Jeune homme..bien sous tout rapport..peu ou pas beaucoup servi... utile encore pour quelques kilomètres de vie. Tu es douce, intelligente, belle, sensuelle, aimable avec les vieilles, attentionnée et surtout surtout...tu ne cherches pas en transformer mes neurones en purée de pois. Alors...oui..je crois que nous pouvons caresser l'espoir de boire un verre en refaisant le monde...et qui sait visiter les étages supérieurs de la volupté. Au plaisir Déesse du net"
"JH 28 ans, BCBG, sortant tout juste d’une rupture difficile souhaite rencontrer une JF douce et caline qui saura me redonner l’envie de plaire. Je vous imagine belle et sans tabou, je vous espère pulpeuse et pulpeuse. Je n’ai pas l’habitude des rencontres virtuelles mais je vous laisse mon adresse msn coquin@hotmail.fr ou vous invite sur mon blog http://chaudlapin.canalblog.com."
"JF 25 ans, jolie et sans tabous, venant faire ses études d’art à paris, cherche homme d’âge mur pour partager quotidien et bonne situation. J’aime ma liberté et les sorties entre amis ainsi que les voyages au soleil. Annonce pas sérieuse cad hors 1er, 5° et 6° arrondissement s’abstenir."
"J’ai 42 ans, je suis sérieux et romantique et je cherche une jeune fille de 20 – 25 ans, belle et sans complexe, pour sortie occasionnelle et plus si affinité (de préférence en semaine). Je peux me déplacer et j’invite toujours au restaurant avant. Pas sérieuse d’abstenir."
"kikou, cé pricilliia. je kiffe tro lé mek branché les nights clubs et soirée tekilaaaa. Si tu ve, toi et moi, ça peut etre de la balle. laisse moi un mess sur ma Bal et on pourrait allez loin ! bisou bisou"
"Femme de 41 ans, fort caractère. Working girl, j'ai besoin d'un homme qui ne me parle pas trop quand je rentre du boulot. Fade, un peu sinistre, reposant comme une tisane, il saurait me masser, me faire couler un bon bain et me sortir le vendredi soir. Si tu penses avoir le profil, entre 40 et 45 ans et demi, tu peux m'envoyer un descriptif détaillé, je m'engage à répondre sous trois jours."
vendredi 1 février 2008
Trèves de comptoir
- Ah tiens, j'ai eu des nouvelles d'Ursulla. Putain, sacrément tordue cette salope, tu trouves pas ?
- Mouaiff, pas mal, mais depuis le coup qu'elle m'a fait...
- C'est toujours pareil avec toi, tu supportes pas qu'elles aillent voir ailleurs. T'es un sacré con, tu devrais en profiter, au moins celles-là, elles te font pas chier avec des crises d'hystéro jalouse à la con. Enfin, certaines, parce que je ne sais pas si tu as connu Paméla...
- non, pas Paméla. Pour le reste, t'as raison, c'est plus fort que moi.
- Ton orgueil à la con, mon salaud, parce que tu veux qu'on les compte, les tiennes ??
- Et t'as prévu de sortir avec nous samedi soir ?
- ...
- Bah, dis donc, va peut-être falloir que tu fasses quelque chose.
- ...
- Et t'es comme ça depuis quand ?
- ...
- 'tain, elle t'a pas loupée celle-là !
- ...
- T'es amoureux ?
- ...
- Eh merde !
- Toi, t'as la tête bizarre, les cheveux du type qui vient de s'envoyer en l'air. 'Tain, tu sors à peine du bureau... Nooon, pas ta secrétaire ? Je croyais que c'était fini. En plus elle n'est pas enceinte ?
- Non, elle a juste un peu grossi.
- Un peu ? ...
- Bon ok, elle a pris quelques kilos... Mais depuis, elle peut plus se passer de moi.
- Depuis qu'elle a grossi ? Rappelle-moi de passer prendre un kilo de chocolats chez le pâtissier pour la mienne, on ne sait jamais.
- T'es trop con, la tienne est trop...
- Trop quoi ?
vendredi 25 janvier 2008
Baise moi
Comme ça, en faisant la queue pour le pain, Pat eut soudain la certitude qu'il ne connaissait pas sa femme.
Ces deux mots lancinant lui brouillaient les baguettes empilées face à lui, "baise moi". Deux petits mots énormes, dont il ne pouvait se débarrasser.
- Une baguette, comme d'habitude ?
Sourire, ou plutôt rictus. Pour la première fois il rompit le rituel. "Bien cuite", la réponse ne lui vint même pas. Qu'est-ce qu'il en a à foutre !
"Baise moi", non, ce n'est pas possible, ce n'est pas Elle, sa Clara, on ne baise pas sa femme, pas lui. Il l'aime, il lui fait l'amour, enfin, quand ils faisaient l'amour … c'est vrai, il le sait, il s'en veut, parfois. Mais leur vie, ils la font belle, non ? Toute en tendresse, de la douceur, ils ne baisent pas.
Pourtant il sait, il y a des questions. Ils en ont parlé, ils parlent. Parfois.
Quelque chose se passe, qu'il entrevoit, mais ça c'est pas lui, c'est pas l'homme qu'il est, il ne peut pas, ce serait un autre.
Et elle, elle veut un autre, en lui, en plus de lui, et qu'il soit le même, et qu'il la regarde soudain comme une chienne qu'on baise, et être sa Clara, la même, mais une autre aussi.
Il n'a pas appris, il ne sait que l'aimer.
Il ne la connaît pas. Il ne connaît que lui, faute de mieux. La faute à qui ? Merde, on ne se bat pas assez ? Dès le début ? Et là, maintenant, il la sent s'éloigner. Elle est où ? Il n'ose même plus lui demander. Il lui faut du temps. C'est quoi les questions quand on a que des réponses.
Putain, voilà que je fais des phrases maintenant, c'est n'importe quoi !
N'importe quoi … Je me sens mal. Reviens.
On est en train de se perdre, CLARA ! reviens moi, je te baiserai, tu seras ma chienne, je te boufferai le con, je t'ouvrirai le cul, tu t'empaleras sur ma queue en me criant baise moi … Oh Clara, pourquoi je ne sais pas t'aimer. Pourquoi je lui ai répondu ça, "N'importe quoi !" ?
Pourquoi j'ai dis "n'importe quoi " au lieu de la baiser ?
jeudi 24 janvier 2008
Garçon, la même chose
Doug se regarde dans la glace et aurait presque tendance à se sourire. C'est qu'il a l’air fier de lui. Et pourtant en commandant ce deuxième café il se demande ce qu’il fait là. Merde, se taper 150 kilomètres par ce temps de merde pour venir voir cette fille qu’il a déjà baisé trop souvent, il sait déjà qu’il va regretter ce maudit sms.
Pourtant il avait envie ce matin quand il lui a envoyé son texto. « J’ai un dépannage dans ta ville, si tu veux on se voit… », c’était même pas drôle il savait qu’elle aurait dit oui. Parfois, il comprenait même pas pourquoi elle acceptait toujours de le voir, car il ne faisait aucun effort et l’appelait quelques fois par an.
Doug remuait son café, sans sucre, comme pour se donner du courage, il aurait du prendre un whisky mais comme ensuite il fallait conduire. Ça aussi ça le faisait sourire, c’est con d’avoir besoin de courage pour aller s’envoyer en l’air mais il savait aussi déjà qu’à peine avoir joui il n’aurait plus qu’une envie : reprendre la route.
Des fois, putain, dans la glace il aurait presque tendance à se mépriser, envie de gerber. Des fois il se dégoûte presque, des aventures minables, sans passion, sans amour, juste pour avoir le sentiment d’exister ou de pouvoir se dire qu’il en a eu une de plus…
Il voudrait presque qu’on l’empêche Doug, qu’on lui file une excuse, à sa place. Qu’on lui donne le courage qu’il n’a pas : un coup de fil de son patron ou même de sa femme lui demandant d’aller chercher son fils à l’école. Il se surprend même à parier que si le gars qui joue au flipper perd sa boule dans la minute, il rentre chez lui… Et pourtant non, le type a l’air adroit et ne lui donnera pas l’occasion de fuir. Un appel : son patron ? pfff même pas. C’est elle, elle est là, elle l’attend. Il finit son café, presque résigné, affiche un large sourire. Quand faut y aller...
Il se voit dans la glace, encore, et cette fois, il baisse les yeux… aurait-il compris ou juste honte ?
mercredi 23 janvier 2008
Duo alité
Elle, c'est Meg. Elle est double et entière. Étrange paradoxe, non ? Elle aime son mari, elle aime son maître. Parfois perdue dans le flots des questions, pourtant pleine de certitudes. De certitudes d'amour, d'envies de sexe.
Avec son mari, souvent elle baise. Elle ne fait pas toujours l'amour, Meg, elle préfère baiser. Elle se sent libre avec lui. Attachée uniquement par les liens qu'elle choisit. Tout n'a pas toujours été rose, tout n'est pas rose, mais il est là, chaque soir à ses côtés.
Son maître, Meg, elle le veut très fort. Elle est à sa merci, à ses ordres. Il exige, elle se soumet. Il veut qu'elle fasse l'amour pour lui avec ses mains, ses doigts, un vibro, là tout de suite, urgence impérieuse, alors qu'ils sont au téléphone tous les deux. Elle exécute. Il la guide, elle le suit. Il repousse leurs limites un peu plus chaque fois. Mets tes bas noirs, mange du rouge, lave-toi maintenant, lèche, caresse...
Et puis malgré tout, Meg, elle se sent seule parfois. Et débordée aussi. Ça épuise deux hommes. Bah oui, les attentions, les petits messages, la présence, l'esprit partagé. Être là pour lui et lui (et puis les enfants, et puis les potes - oui, elle se tape même les jérémiades de ses amis, dont Carla). Elle n'a plus de temps pour elle... Quoi jamais satisfaite ! une femme, non ?
samedi 19 janvier 2008
Le sens du devoir
Greg faisait partie de la dernière fournée des hommes plein de devoirs. Depuis, il parait qu'ils ont cassé le moule. Ouf ! Bon, d'accord, le devoir, la raison, il en faut. Forcément, on n'est pas des bêtes, quoique, parfois...
Des fois, il pensait qu'il était plus fort que ses principes à la con. Puis, il avait beau essayer, il n'y arrivait pas. Alors il prenait soin des uns, des autres. Et lui ? Il se dit que le jour où son amour l'avait quitté, emportant ses rêves, son modèle de vie rangée, le fruit de leurs chairs, ses enfants, il avait perdu le droit d'être heureux. T'as joué, t'as essayé, t'as perdu. Pas d'autre chance.
C'est ce qu'il a expliqué un soir à Carla. Elle, elle a pas compris. Elle a même chialé : de rage et d'impuissance devant cette fatalité qu'il s'imposait. C'est ce jour qu'elle a su, au fond d'elle.
Elle aurait pu écrire chacun des mots qu'il lui a dit quand il souffrait trop pour continuer. Carla, on avait beau la prendre pour une môme, elle ressentait bien plus de choses qu'elle ne laissait paraître.
Mais elle était bien avancée avec ça... Et après ?
jeudi 17 janvier 2008
Le poids des autres, le choc des images
La putain, était une fille plutôt sympa. Elle (dé)mène sa vie de front : un mari gentil, deux boucles blondes, un job presque à la con, avec des collègues très cons, elle-même la propre conne de ses collègues (en même temps, c'est le jeu ma pauvre Lucette).
D'ordinaire, on l'aime bien. Même que des fois, on l'invite à dîner, c'est dire. Elle sait se tenir et a parfois quelques traits d'humour ou de bons mots. Elle est grande, brune, genre boîte à fantasmes pour cadres lubriques. Mais elle ne faisait pas qu'être une image pour eux, de temps à autre, elle prenait corps. Elle devenait chair.
Elle profite, sans forcément sauter sur tout ce qui bouge, non, mais elle profite. "La putain", c'est le petit surnom qu'un jour, il lui avait donné. Y en a c'est ma mignonne, d'autres ma chérie. Pour elle, c'était ma putain. Trop de mecs, trop en même temps pour mériter de doux sobriquets. Mais elle s'en foutait souvent, du regard des autres sur sa petite vie.
Sauf qu'un jour, la putain, elle a fini par trouver ça un peu lourd. Les images qu'il lui renvoyait. Elle savait que ce n'était pas pour lui faire du mal, à elle. Mais elle en avait quand même un peu. A force.
Alors la putain, elle est morte. A l'intérieur. Elle a essayé d'en parler, à ses amis, des gens cool. Mais autant où, perchée sur ses talons aiguilles en jupe courte, elle pouvait être voyante, parfois, elle savait aussi devenir transparente, ils n'ont pas vu la faille.
Survivre ?
== Publicité ==