Papier froissé

des mots jetés, en vrac, confusion parfois, des petits morceaux de papiers froissés

jeudi 28 février 2008

Respire

En reposant le combiné, il chercha un moyen de se convaincre que ce n'était pas de la jalousie, là, le truc au fond de sa gorge.

Sa haute opinion de lui-même en prenait un coup. C'est bien gentil les grandes idées, mais les tripes, hein, les tripes, tu les raisonnes comment ? 

Les questions, comment tu ne les poses pas ?

Et, d'ailleurs pas besoin de question, tu dois pouvoir tout écouter, pas vrai ? Mais cette putain d'image, tout à coup qui défile dans ta tête, t'en fait quoi ? Allez mon vieux, trouve, et vite, t'as des couilles ou pas ?

Ouais, c'est ça, rigole. Pas facile, hein ? C'est jaune un peu en dedans, non ?

Tu n'as qu'une solution, et tu la connais.

Parce que tu avais anticipé, n'est-ce pas?

Tu t'étais dit que forcément, la vie étant ce qu'elle est, et que gniagniagnia, et que c'est beau de toute façon ce que vous vivez, que c'est à vous. Et puis l'incroyable d'être si près si loin, si en dedans de vous.

Vous volez haut, pas vrai ? Alors faut y rester.

S'y tenir, dans vos altitudes, à vos mots, voilà l'unique façon. Voilà ce que tu te dis, et tu as raison.

Maintenant fais le.

D'ailleurs regarde, tu ne t'en sors pas trop mal. Tout à l'heure, votre désir brutal, vos voix, vos frissons, ils étaient vrais - aboli le temps - vous existiez.

Tu vois bien que ce que vous vous faites, c'est de l'amour. Sur du papier, sous vos yeux fermés, certes, mais vous vous êtes trouvés plus loin que ça aussi. Tout dire, absolument, tout prendre pour la beauté de cette évidence, et n'en n'aimer que davantage.

Quoi "n'en n'aimer que davantage" ?

N'aie pas peur de l'emphase. Ca fait un peu serment ? Oui, il est juste inattendu, une sorte de preuve qui s'impose à vous.

Elle t'est précieuse, tu lui es précieux, ce qui arrive à l'autre vous est précieux. Tous les bonheurs qu'elle a vécus, qu'elle vivra, en dehors de vous, tout comme les tiens, des plus légers aux plus profonds, seront cadeaux à vous offrir. Pour continuer de vous faire fort l'un à l'autre.

Il n'y a pas beaucoup de monde dans ces profondeurs là.

Alors mec, jaloux ?

Ca va, tu respires ?

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lundi 25 février 2008

Tiens, dans Tag' !

Jeu con(tout)court dans lequel bien sûr, tu ne gagnes rien. Mais au moins, il est gratuit et sans obligation d'achat.

- Mettre le lien de la personne qui vous tague : c'est sa faute à lui
- Mettre le règlement sur votre blog
- Mentionner six choses/habitudes/tics importants chez votre petite personne
- Taguer six personnes à la fin de votre billet en mettant le lien de leur page perso
- Avertir directement les personnes taguées

Alors, on compte : 1, 2, 3 ...

Pat : Pat est une sorte de psychopathe des comptes. Il compte tout : le nombre de marches dans les escaliers, le nombre de portes dans un couloir inconnu. Il a même compté le nombre de fleurs sur la taie d'oreiller Ikéa. Quand il rencontre de nouvelles personnes, il ne peut pas s'empêcher de vérifier : les yeux, 2, les oreilles, 2, le nez, 1, la bouche, 1. Au total, 6, tout y est.

Carla : Carla est une pleureuse. Une vraie. Elle ne sait plus pour combien de films, combien d'histoires, combien de livres, combien de larmes elle a pu verser... Elle fait souvent rire ceux qui l'accompagnent. "Pleurer, nooon, juste une poussière dans l'oeil". "Renifler"? "Nooon, juste encore malade". La crève a du mal à passer ces temps-ci... Alors, ça coule, des litres et des litres. Au moins, elle pisse moins.

Greg : Lui, il ne tient pas compte de lui. Bah, oui, ce qui compte pour lui c'est les autres. Mais à ce compte là, il s'oublie un peu, beaucoup, à la folie. Il ne compte plus les fois où... Et puis c'était quand même sans compter sur la rencontre. La rencontre avec elle, celle qui fout le bordel. Mais tout compte fait, peut-être qu'il attendait ça.

La putain : La putain ne compte plus les fois où elle s'est faite avoir. Le pire, cette nouille, c'est qu'elle sait quand ça va mal tourner, mais elle a besoin d'aller au bout, pour être bien sûr. On dirait qu'elle collectionne, qu'elle additionne les plans foireux, les types pas corrects. Y a eu celui qui lui donnait rendez-vous et qui ne se pointait jamais, celui qui, à peine après l'avoir mis dans son lit et soigneusement baisé, lui demande de partir parce que sa femme allait rentrer ou encore celui qui a attendu le super resto où elle avait promis de l'y inviter avant de lui glisser dans le taxi que ce n'était pas la peine de le rappeler. Alors comme pour se souvenir, elle a un petit carnet : IIIII II ... A suivre...

Serial B : Un p'tit cul, deux p'tit culs, trois p'tit culs doudou... Ba moin tout ça ou lé, pou soulagé cœu moin. A la recherche du cul parfait, il ac-cul-mule...

Les autres : Ils ont tous des petites manies : celui qui compte ses sous, tous les samedis, il étale ses petits tickets de carte bleue et râle après bobonne, bordélique qui en a perdu 3 ou 4. Celle qui répète, à tout le monde et toute la journée qu'on peut compter sur elle (mais pas le lundi parce qu'elle a piscine, pas le mardi parce qu'il y a le club de lecture, le mercredi, c'est la journée des gosses, le jeudi, y a prison break à la téloche, le vendredi elle sort et le week-end elle se repose). Celle qui entasse les livres qu'elle achète, compulsivement, mais pas assez de temps pour les lire. Elle compte les piles, puis les livres, bientôt les pages. 3 piles, 9 livres par pile, minimum 150 pages. A deux minutes de lecture par pages...

Alors, le compte est bon ?

(Trop libre ici, on n'enchaîne personne... Mais si ça vous amuse... Help yourself, please, play !!! )

Posté par papierfroisse à 01:50 - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mercredi 13 février 2008

Autre joueur joue encore

La putain s'est encore fait avoir. Elle jure à chaque fois qu'on ne l'y reprendrait plus. Mais avec son coeur d'artichaut à la con, et vlan, elle s'est encore fourrée dans une histoire à la con.

Il la contacte, lui fait son numéro de beau parleur. Pourtant, la putain, elle a drôlement l'habitude. Elle les sent. Elle se dit à chaque fois, mon coco, t'es trop beau pour être honnête, toi.

En plus, que connaît-il, le pauvre type, de la putain ? De ses envies, de ses espoirs ? Le type, il s'en fout, il a juste envie de la serrer un peu, contre lui, de la posséder. Oui, ils aiment bien ça, la sentir un peu à eux la putain. Elle leur fait cet effet-là. Alors parfois, elle a du mal à gérer.

Il se croyait plus malin. Mais au fond, même techniques. Ils ont tous les mêmes techniques. Il l'a un peu écouté, charmé, enrobé de ses phrases : avec moi ça ne sera pas comme avec les autres. Bah voyons ! Sérieusement, il croit berner qui ? Comment ça peut être vraiment différent. Elle savait pourtant, sûr qu'au fond d'elle, elle savait. Alors pourquoi elle est encore tombée ?

Posté par papierfroisse à 15:30 - La putain - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

dimanche 10 février 2008

King size

- Allo, Meg ?

- Salut la belle, comment ça va ? alors, ce week-end ?

- Mouais, disons…. Etonnant .

- C'est-à-dire ?

- Ecoute, pas comme ça au téléphone. On déjeune ensemble ?

- Ok. Tu la joues suspense on dirait, j'ai hâte !

- A voir. Tu aimes les surprises je crois …

- Que les bonnes.

- Midi à La Marmite ?

- Je veux.

Soudain Carla hésite, elle n'est plus très sûre, elle, de vouloir.

- Attends !

- Quoi ?

- Euh, finalement non, pas aujourd'hui. Je sais pas. Faut que je réfléchisse.

- Comment ça que tu réfléchisses ? C'est bien toi qui m'appelle là … qu'est ce qui s'est passé ?

- Justement, rien. Enfin si, mais pas ce que tu crois.

- Ce que je crois ? Mais je crois rien. Seulement que tout à coup, t'as pas l'air dans ton assiette. Il t'a emmenée en week-end ou pas ?

- Oui. Un super relais. Site magnifique, dîner aux chandelles, service parfait, salle de bain grandiose, balcon avec vue.

- Et … ?

- Lit King size.

- Et …

- Et bien trop grand pour deux.

- … C'est-à-dire ?

- Il te plait, Pat ?

Posté par papierfroisse à 21:16 - Carla - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jeudi 7 février 2008

Boule de cristal, patte de lapin et tarot de Marseilles

Elle est là, la pauvre Carla, devant la vieille bonne femme. Elle fait un peu peur celle-là. Elle porte plein de bijoux bling bling, des mains longues, presque crochues. Quand elles se sont serrées la main tout à l'heure, elles étaient froides, très froides.

La vieille lui demande de tirer 3 cartes, elle l'engueule presque parce qu'elle allait les choisir de la mauvaise main. Carla en choisit une, puis une deuxième, puis la dernière. Verdict : Les amoureux, le chariot et la lune.

La vieille est sceptique. Carla se demande si elle va pas lui demander de recommencer. Mais non. Elle lui explique que les amoureux, c'est une carte des choix. Elle voit bien Carla, tiens, dessus y a une nana, celle qu'est déjà là, mais qui ne semble pas satisfaire le bonhomme. Et puis, y a cupidon là-haut qui en montre une autre. Mais celle-là, elle risque de lui apporter des emmerdes.
Puis après, le chariot. Alors là, la vieille la regarde bizarre, ça semble pas trop coller. C'est le symbole du parcours réussit, des triomphes personnels. La vieille hésite franchement.
Pour finir, la lune. La vieille semble bien l'aimer celle-là. On ne l'arrête pas sur cette carte. Elle lui balance tout un tas de trucs. De ce que comprend Carla, c'est que c'est pas une super carte, m'enfin ça dépend (oui, mais ça dépend, ça dépasse), romantisme, période propice au rêves, mais c'est aussi celle de la jalousie, de la déception...

La vieille tente de faire une synthèse que Carla n'écoute que d'une oreille. Carla va devoir faire un choix entre la stabilité qu'elle a réussi à construire mais qui ne lui apporte pas forcément la pleinitude, et une autre voie, plus hasardeuse, une voie rêvée jusque-là... Mais ça, elle le savait déjà Carla. Franchement, elle n'avait pas besoin d'une bonne femme toute froide pour savoir ça. Même sa voisine de palier, celle qui écoute aux portes, aurait pu lui dire.

Carla se demandait ce qu'elle était venue faire là, à part lâcher connement 50 euros. Elle aurait pu s'acheter ce Tshirt chez Maje. Pfff. Et puis d'ailleurs qu'est-ce qu'on vient foutre chez une voyante ?

Posté par papierfroisse à 16:44 - Carla - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mardi 5 février 2008

Si tu es blonde à forte poitrine

"Mariée, deux enfants. Je mesure 1M78, je ne suis pas trop grosse. J'ai de beaux yeux. Je suis caline et sensuelle. J'adore préparer de bons petits plats. Après tout ça, vous vous direz, c'est la femme parfaite ? Non, j'ai des défauts ! Mais chuttt ! Si tu as entre 35 et 45 ans, que tu es doux et charmeur, on peut se retrouver pour faire connaissance."

" Jeune homme..bien sous tout rapport..peu ou pas beaucoup servi... utile encore pour quelques kilomètres de vie. Tu es douce, intelligente, belle, sensuelle, aimable avec les vieilles, attentionnée et surtout surtout...tu ne cherches pas en transformer mes neurones en purée de pois. Alors...oui..je crois que nous pouvons caresser l'espoir de boire un verre en refaisant le monde...et qui sait visiter les étages supérieurs de la volupté. Au plaisir Déesse du net"

"JH 28 ans, BCBG, sortant tout juste d’une rupture difficile souhaite rencontrer une JF douce et caline qui saura me redonner l’envie de plaire. Je vous imagine belle et sans tabou, je vous espère pulpeuse et pulpeuse. Je n’ai pas l’habitude des rencontres virtuelles mais je vous laisse mon adresse msn coquin@hotmail.fr ou vous invite sur mon blog http://chaudlapin.canalblog.com."

"JF 25 ans, jolie et sans tabous, venant faire ses études d’art à paris, cherche homme d’âge mur pour partager quotidien et bonne situation. J’aime ma liberté et les sorties entre amis ainsi que les voyages au soleil. Annonce pas sérieuse cad hors 1er, 5° et 6° arrondissement s’abstenir."

"J’ai 42 ans, je suis sérieux et romantique et je cherche une jeune fille de 20 – 25 ans, belle et sans complexe, pour sortie occasionnelle et plus si affinité (de préférence en semaine). Je peux me déplacer et j’invite toujours au restaurant avant. Pas sérieuse d’abstenir."

"kikou, cé pricilliia. je kiffe tro lé mek branché les nights clubs et soirée tekilaaaa. Si tu ve, toi et moi, ça peut etre de la balle. laisse moi un mess sur ma Bal et on pourrait allez loin ! bisou bisou"

"Femme de 41 ans, fort caractère. Working girl, j'ai besoin d'un homme qui ne me parle pas trop quand je rentre du boulot. Fade, un peu sinistre, reposant comme une tisane, il saurait me masser, me faire couler un bon bain et me sortir le vendredi soir. Si tu penses avoir le profil, entre 40 et 45 ans et demi, tu peux m'envoyer un descriptif détaillé, je m'engage à répondre sous trois jours."

Posté par papierfroisse à 00:33 - les autres - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

vendredi 1 février 2008

Trèves de comptoir

- Ah tiens, j'ai eu des nouvelles d'Ursulla. Putain, sacrément tordue cette salope, tu trouves pas ?
- Mouaiff, pas mal, mais depuis le coup qu'elle m'a fait...
- C'est toujours pareil avec toi, tu supportes pas qu'elles aillent voir ailleurs. T'es un sacré con, tu devrais en profiter, au moins celles-là, elles te font pas chier avec des crises d'hystéro jalouse à la con. Enfin, certaines, parce que je ne sais pas si tu as connu Paméla...
- non, pas Paméla. Pour le reste, t'as raison, c'est plus fort que moi.
- Ton orgueil à la con, mon salaud, parce que tu veux qu'on les compte, les tiennes ??

- Et t'as prévu de sortir avec nous samedi soir ?
- ...
- Bah, dis donc, va peut-être falloir que tu fasses quelque chose.
- ...
- Et t'es comme ça depuis quand ?
- ...
- 'tain, elle t'a pas loupée celle-là !
- ...
- T'es amoureux ?
- ...
- Eh merde !

- Toi, t'as la tête bizarre, les cheveux du type qui vient de s'envoyer en l'air. 'Tain, tu sors à peine du bureau... Nooon, pas ta secrétaire ? Je croyais que c'était fini. En plus elle n'est pas enceinte ?
- Non, elle a juste un peu grossi.
- Un peu ? ...
- Bon ok, elle a pris quelques kilos... Mais depuis, elle peut plus se passer de moi.
- Depuis qu'elle a grossi ? Rappelle-moi de passer prendre un kilo de chocolats chez le pâtissier pour la mienne, on ne sait jamais.
- T'es trop con, la tienne est trop...
- Trop quoi ?

Posté par papierfroisse à 17:05 - les autres - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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