Papier froissé

des mots jetés, en vrac, confusion parfois, des petits morceaux de papiers froissés

vendredi 25 janvier 2008

Baise moi

Comme ça, en faisant la queue pour le pain, Pat eut soudain la certitude qu'il ne connaissait pas sa femme.

Ces deux mots lancinant lui brouillaient les baguettes empilées face à lui, "baise moi". Deux petits mots énormes, dont il ne pouvait se débarrasser.

- Une baguette, comme d'habitude ?

Sourire, ou plutôt rictus. Pour la première fois il rompit le rituel. "Bien cuite", la réponse ne lui vint même pas. Qu'est-ce qu'il en a à foutre !

"Baise moi", non, ce n'est pas possible, ce n'est pas Elle, sa Clara, on ne baise pas sa femme, pas lui. Il l'aime, il lui fait l'amour, enfin, quand ils faisaient l'amour … c'est vrai, il le sait, il s'en veut, parfois. Mais leur vie, ils la font belle, non ? Toute en tendresse, de la douceur, ils ne baisent pas.

Pourtant il sait, il y a des questions. Ils en ont parlé, ils parlent. Parfois.

Quelque chose se passe, qu'il entrevoit, mais ça c'est pas lui, c'est pas l'homme qu'il est, il ne peut pas, ce serait un autre.

Et elle, elle veut un autre, en lui, en plus de lui, et qu'il soit le même, et qu'il la regarde soudain comme une chienne qu'on baise, et être sa Clara, la même, mais une autre aussi.

Il n'a pas appris, il ne sait que l'aimer.

Il ne la connaît pas. Il ne connaît que lui, faute de mieux. La faute à qui ? Merde, on ne se bat pas assez ? Dès le début ? Et là, maintenant, il la sent s'éloigner. Elle est où ? Il n'ose même plus lui demander. Il lui faut du temps. C'est quoi les questions quand on a que des réponses.

Putain, voilà que je fais des phrases maintenant, c'est n'importe quoi !

N'importe quoi … Je me sens mal. Reviens.

On est en train de se perdre, CLARA ! reviens moi, je te baiserai, tu seras ma chienne, je te boufferai le con, je t'ouvrirai le cul, tu t'empaleras sur ma queue en me criant baise moi … Oh Clara, pourquoi je ne sais pas t'aimer. Pourquoi je lui ai répondu ça, "N'importe quoi !" ?

Pourquoi j'ai dis "n'importe quoi " au lieu de la baiser ?

Posté par papierfroisse à 10:25 - Pat - Commentaires [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jeudi 24 janvier 2008

Garçon, la même chose

Doug se regarde dans la glace et aurait presque tendance à se sourire. C'est qu'il a l’air fier de lui. Et pourtant en commandant ce deuxième café il se demande ce qu’il fait là. Merde, se taper 150 kilomètres par ce temps de merde pour venir voir cette fille qu’il a déjà baisé trop souvent, il sait déjà qu’il va regretter ce maudit sms.

Pourtant il avait envie ce matin quand il lui a envoyé son texto. « J’ai un dépannage dans ta ville, si tu veux on se voit… », c’était même pas drôle il savait qu’elle aurait dit oui. Parfois, il comprenait même pas pourquoi elle acceptait toujours de le voir, car il ne faisait aucun effort et l’appelait quelques fois par an.

Doug remuait son café, sans sucre, comme pour se donner du courage, il aurait du prendre un whisky mais comme ensuite il fallait conduire. Ça aussi ça le faisait sourire, c’est con d’avoir besoin de courage pour aller s’envoyer en l’air mais il savait aussi déjà qu’à peine avoir joui il n’aurait plus qu’une envie : reprendre la route.

Des fois, putain, dans la glace il aurait presque tendance à se mépriser, envie de gerber. Des fois il se dégoûte presque, des aventures minables, sans passion, sans amour, juste pour avoir le sentiment d’exister ou de pouvoir se dire qu’il en a eu une de plus…

Il voudrait presque qu’on l’empêche Doug, qu’on lui file une excuse, à sa place. Qu’on lui donne le courage qu’il n’a pas : un coup de fil de son patron ou même de sa femme lui demandant d’aller chercher son fils à l’école. Il se surprend même à parier que si le gars qui joue au flipper perd sa boule dans la minute, il rentre chez lui… Et pourtant non, le type a l’air adroit et ne lui donnera pas l’occasion de fuir. Un appel : son patron ? pfff même pas. C’est elle, elle est là, elle l’attend. Il finit son café, presque résigné, affiche un large sourire. Quand faut y aller...

Il se voit dans la glace, encore, et cette fois, il baisse les yeux… aurait-il compris ou juste honte ?

Posté par papierfroisse à 10:08 - Doug - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mercredi 23 janvier 2008

Duo alité

Elle, c'est Meg. Elle est double et entière. Étrange paradoxe, non ? Elle aime son mari, elle aime son maître. Parfois perdue dans le flots des questions, pourtant pleine de certitudes. De certitudes d'amour, d'envies de sexe.

Avec son mari, souvent elle baise. Elle ne fait pas toujours l'amour, Meg, elle préfère baiser. Elle se sent libre avec lui. Attachée uniquement par les liens qu'elle choisit. Tout n'a pas toujours été rose, tout n'est pas rose, mais il est là, chaque soir à ses côtés.

Son maître, Meg, elle le veut très fort. Elle est à sa merci, à ses ordres. Il exige, elle se soumet. Il veut qu'elle fasse l'amour pour lui avec ses mains, ses doigts, un vibro, là tout de suite, urgence impérieuse, alors qu'ils sont au téléphone tous les deux. Elle exécute. Il la guide, elle le suit. Il repousse leurs limites un peu plus chaque fois. Mets tes bas noirs, mange du rouge, lave-toi maintenant, lèche, caresse...

Et puis malgré tout, Meg, elle se sent seule parfois. Et débordée aussi. Ça épuise deux hommes. Bah oui, les attentions, les petits messages, la présence, l'esprit partagé. Être là pour lui et lui (et puis les enfants, et puis les potes - oui, elle se tape même les jérémiades de ses amis, dont Carla). Elle n'a plus de temps pour elle... Quoi jamais satisfaite ! une femme, non ?

Posté par papierfroisse à 02:23 - Meg - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

samedi 19 janvier 2008

Le sens du devoir

Greg faisait partie de la dernière fournée des hommes plein de devoirs. Depuis, il parait qu'ils ont cassé le moule. Ouf ! Bon, d'accord, le devoir, la raison, il en faut. Forcément, on n'est pas des bêtes, quoique, parfois...

Des fois, il pensait qu'il était plus fort que ses principes à la con. Puis, il avait beau essayer, il n'y arrivait pas. Alors il prenait soin des uns, des autres. Et lui ? Il se dit que le jour où son amour l'avait quitté, emportant ses rêves, son modèle de vie rangée, le fruit de leurs chairs, ses enfants, il avait perdu le droit d'être heureux. T'as joué, t'as essayé, t'as perdu. Pas d'autre chance.

C'est ce qu'il a expliqué un soir à Carla. Elle, elle a pas compris. Elle a même chialé : de rage et d'impuissance devant cette fatalité qu'il s'imposait. C'est ce jour qu'elle a su, au fond d'elle.

Elle aurait pu écrire chacun des mots qu'il lui a dit quand il souffrait trop pour continuer. Carla, on avait beau la prendre pour une môme, elle ressentait bien plus de choses qu'elle ne laissait paraître.

Mais elle était bien avancée avec ça... Et après ?

Posté par papierfroisse à 15:03 - Greg - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jeudi 17 janvier 2008

Le poids des autres, le choc des images

La putain, était une fille plutôt sympa. Elle (dé)mène sa vie de front : un mari gentil, deux boucles blondes, un job presque à la con, avec des collègues très cons, elle-même la propre conne de ses collègues (en même temps, c'est le jeu ma pauvre Lucette).

D'ordinaire, on l'aime bien. Même que des fois, on l'invite à dîner, c'est dire. Elle sait se tenir et a parfois quelques traits d'humour ou  de bons mots. Elle est grande, brune, genre boîte à fantasmes pour cadres lubriques. Mais elle ne faisait pas qu'être une image pour eux, de temps à autre, elle prenait corps. Elle devenait chair.

Elle profite, sans forcément sauter sur tout ce qui bouge, non, mais elle profite. "La putain", c'est le petit surnom qu'un jour, il lui avait donné. Y en a c'est ma mignonne, d'autres ma chérie. Pour elle, c'était ma putain. Trop de mecs, trop en même temps pour mériter de doux sobriquets. Mais elle s'en foutait souvent, du regard des autres sur sa petite vie.

Sauf qu'un jour, la putain, elle a fini par trouver ça un peu lourd. Les images qu'il lui renvoyait. Elle savait que ce n'était pas pour lui faire du mal, à elle. Mais elle en avait quand même un peu. A force.

Alors la putain, elle est morte. A l'intérieur. Elle a essayé d'en parler, à ses amis, des gens cool. Mais autant où, perchée sur ses talons aiguilles en jupe courte, elle pouvait être voyante, parfois, elle savait aussi devenir transparente, ils n'ont pas vu la faille.

Survivre ?

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lundi 14 janvier 2008

La découverte

Serial B était content. Il avait flairé le bon coup. Voilà quelques temps qu'ils échangeaient tous les deux (au moins une dizaine d'appels, des heures de conversation MSN et quelques mails). Il avait bien senti qu'il y avait moyen de... Voire même plus parce qu'affinités.

D'ordinaire, ce n'était pas un type pas jaloux, même plutôt prêteur, mais là, cette fois-ci, il n'avait pas envie, pas tout de suite. Il savait trop comment ça se passerait. Il commençait à sentir comment elle pouvait agir et surtout, ils les connaissait bien les zozos autour.

Alors là, comme un petit trésor qu'il avait découvert, il voulait faire l'égoïste et en jouir seul, un peu. Oui, parce que faut pas charrier non plus : il n'allait pas lui demander fidélité, amour et tout le toutim, quoique... A un moment il y avait même pensé (Pas l'amour, hein ! Non, ça non ! Juste la baise fidèle) puis il était revenu à la raison.

Il lui avait dit. Au départ, tu ne seras qu'à moi. Elle avait trouvé ça étrange de sa part, à moitié intriguée, un quart flattée et le dernier quart amusé (Après, bien après, il semble qu'elle ait compris).

Était-ce une réaction de mâle classique ou était-ce différent ? Qu'attendait-il vraiment finalement ?

Posté par papierfroisse à 10:20 - Serial B - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

vendredi 11 janvier 2008

L’IL de la tentation et L’ELLE du désir

En ce moment Carla a des envies. Une chose a changé pourtant, elle a envie d’un seul. Comment se peut-il ? Le vol de tous ces prétendants, oiseaux de nuits, autour d’elle ne réussit pas pour autant à lui enlever cette idée qui, avec le temps, devient fixe : Lui.

Lui ? Ce garçon souvent trop attentionné, pas assez pressé à son goût d’en faire son Elle. Il faut croire que tous les Greg sortent de la télé réalité pour ne pas comprendre ce désir si obsédant chez Carla. Pourquoi lui alors ? Pour sa voix ? Pour la finesse de son esprit ? Pour sa grosse…b...agnole... ? Non ! Juste parce qu’il fait battre son cœur un peu plus vite quand ils parlent ensemble, que sans vraiment le connaître et sans vraiment comprendre pourquoi, elle le veut. C’est nouveau pour Carla.

D’habitude elle fonce parce qu’elle aime la vie, sa liberté, ses envies. Les hommes la veulent assurément plus qu’elle ne les veut alors elle se laisse parfois entraîner dans leurs tourbillons, mi-consentante, mi-ingénue, n’attendant juste d’eux qu’ils mettent des paillettes dans sa vie, des étincelles dans son ciel, parce qu’elle aime que ce soit une fête quand Carla se donne a un homme. Elle les aime les hommes, ceux qui l’embrassent, qui la caressent, qui la baisent parfois mais n’empêche, en ce moment elle voudrait juste Lui… pour faire tout ça... et même pire. Parce qu’elle est capable du meilleur comme du pire mais pour le pire, elle est la meilleure.

Alors Greg, quand est-ce que tu l’emmènes cueillir les fleurs du mal ?

Posté par papierfroisse à 09:01 - Carla - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 7 janvier 2008

Comme quoi, faut jamais dire "Carla, je ne boirai jamais de ton eau"

L'Amant est rentré en contact avec Carla il y a quelques temps déjà. Ils se sont rencontrés comme ça, aux détours de quelques mots. Quelque chose l'a attiré, un peu plus que d'habitude. Bon, il n'a pas la réputation d'un saint, mais depuis un moment, il s'était calmé. Il était avec l'Amour. Alors, plus besoin de ces tourbillons, plus besoin de ces étourdissements.

Puis vlan. Carla.

L'Amant ne sait pas trop comment faire avec elle. Il n'a pas besoin d'elle et puis elle est là quand même. L'Amant, ça l'emmerde un peu, parfois. Et puis d'autres moins, ils s'amusent. Enfin, c'est un peu partout pareil, d'accord pour jouer mais pas forcément assumer. Souvent les femmes se défilent, parfois les hommes.  L'Amant, lui, s'est laissé prendre au jeu. Mais ne voulait pas plus. Il n'avait jamais imaginé qu'un jour peut-être il la baiserait. Et encore moins qu'un jour, il lui ferait l'amour. Mais, là, y avait un os. Carla n'était pas prête à lâcher. Alors, cèdera ou cèdera pas ?

Posté par papierfroisse à 15:01 - L'Amant - Commentaires [18] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jeudi 3 janvier 2008

Appel à Paul et Mickey

On ne comprend pas toujours Carla. Faut dire, elle est un peu folle. Carla, elle a du mal à savoir comment on la juge, comment on la jauge. Peut-être parce qu'elle s'en fout. Ou pas. Peut-on vraiment s'en moquer ?

Carla fait souvent ce qu'elle a envie, presque quand elle en a envie. Bah oui presque, y a Pat dans l'histoire, puis le môme aussi. Elle déconne pas avec ça, Carla, elle les protège. Elle, pas toujours, mais la famille... Et puis, lui aussi, c'est con mais il est loin, alors...

Peut-être qu'il la prend pour une allumeuse, la Carla. Bah oui, aussi, elle n'est pas la femme parfaite. C'est pas vraiment un modèle de fidélité. Enfin, si, elle est fidèle à plein de choses, quand même. Elle n'a pas changé de marque de mascara depuis au moins un an, elle a des amies vieilles de 18 ans. Ça compte, ça, non ?

Posté par papierfroisse à 17:45 - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mercredi 2 janvier 2008

La femme-vitrine

Pat, c'est le genre de type qui se la joue mère possessive. Bah oui, mère. Il est toujours là, auprès du môme, sur le môme. Il ne le lâche pas. Ah, ça, pour être un bon papa, le Pat, il est fortiche. La médaille d'or sans conteste. Il connaît tout sur tout, les médocs, les maladies, les dessins animés, les livres, la bouffe. Tout. Même que, quand il part en déplacement, le Pat, c'est lui qui prépare les affaires du môme. Quelque fois que Carla ne s'en sorte pas, et puis comme ça, il est bien sûr.

Alors, faut pas qu'elle se plaigne la Carla, d'avoir un papa comme ça pour le môme. D'ailleurs, elle n'a pas vraiment le droit de dire qu'elle aurait voulu autre chose, un peu moins papa, un peu plus amant. Et puis de toutes façons, quand elle le dit, on ne l'écoute pas. Bah oui, ça les fait un peu rêver, les autres, la vie de Carla. Sauf elle.

L'autre jour, même, elle en a un peu discuté. Elle a essayé de dire qu'elle n'était pas vraiment heureuse, au fond. Juste essayé, hein, parce que finalement c'est plus simple pour tout le monde de croire qu'elle l'est. Heureuse, puisqu'elle a tout pour l'être. Et elle, en fait, ça doit bien l'arranger d'y croire aussi.

Pat l'aime aussi. Tellement qu'il la met sur un piédestal. Ou peut-être bien qu'il la place dans une jolie vitrine. On regarde, on admire, on fait tourner, mais surtout, on ne touche pas. Faut pas abîmer Carla.

Pat n'écoute jamais les envies de Carla, il les refuse même. Faut pas déconner non plus. La femme-vitrine, faut pas la lécher, elle pourrait fondre. Faut pas lui tirer les cheveux, elle risquerait d'en perdre. Faut pas la pincer, elle pourrait être excitée. Faut pas lui faire l'amour, elle pourrait... Elle pourrait quoi d'ailleurs ?

Posté par papierfroisse à 02:50 - Pat - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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